De la frontière à Popayán : nos débuts en Colombie

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Ce matin nous partons de Tulcan pour passer la frontière avec la Colombie. Ce passage est un peu différent des autres, d’habitude on monte dans un bus, il nous dépose à l’immigration, on passe les deux douanes puis hop on remonte dans le bus. Là on prend un taxi qui nous dépose à la frontière côté équatorien, une fois le tampon de sortie fait, on traverse à pied un pont (donc officiellement on n’est plus en Equateur mais pas encore en Colombie) et on arrive à la douane colombienne. Passeports tamponnés, « Bienvenido en Colombia ». Ici on reprend un taxi pour aller à la ville frontière la plus proche, Ipiales.

Frontière entre l'Equateur et la Colombie

De la gare routière d’Ipiales on prend un colectivo, direction le sanctuaire de Las Lajas qui se situe à 7km de la ville. La légende raconte qu’il y aurait eu une apparition de la vierge au-dessus le la rivière, une Eglise a donc été construite à cet endroit précis, soit à 45 mètres du sol.

Ipiales - Santuario Las Lajas

L’Eglise date de 1916, à l’intérieur le fond  a été directement taillé dans la roche. En 2007 les résultats d’un concours la désignent comme 2ème lieu le plus beau de Colombie (le 1er étant la Cathédrale de sel de Zipaquira).

En remontant en direction des colectivos, qu’est-ce qu’on aperçoit en train de rôtir sur des broches ???… Des cuys !!! On est super content, on n’avait pas réussi à en manger ni au Pérou ni en Equateur donc on saute sur l’occasion. Pour ceux qui auraient oublié (volontairement ou pas) les cuys ce sont des cochons d’inde. On goûte… Solène n’est pas trop fan, elle trouve ça fort et un peu écœurant, par contre Nicolas se régale.

Il est maintenant temps de retourner à la gare routière d’Ipiales où un bus pour Popayan nous attend, 333 km… 8h30 de trajet. On est directement plongé dans l’ambiance colombienne :

  • Des policiers et des militaires en grand nombre, on vérifie nos passeports plusieurs fois et le bus est fouillé.
  • Une grève, des hommes avec des bandeaux sur le visage arrêtent le bus, font mine d’ouvrir les coffres (ouais on ne fait pas les malins) puis rigolent entre eux et laissent le bus continuer sa route.
  • Le paysage change, on voit des palmiers, on sent qu’on arrive vers les Caraïbes. On aperçoit aussi des immenses maisons avec piscines à débordement. Forcément on s’imagine des choses.
  • Et le plus marquant : fini le charango !!! On n’en pouvait plus de cette musique, on retrouve des airs plus proches de la salsa et ça fait du bien. Parce que oui comme dans tous les pays, dans le bus il y a la musique du chauffeur…Et quand vous vous tapez 5h de charango c’est moralement voire physiquement très dur.

Arrivée à Popayan vers 22h30, on est KO, en deux jours on n’est pas loin des 17h de bus, on ne rêve que d’une bonne nuit de sommeil.

Aujourd’hui visite de la ville. Popayan est connue pour être la plus belle ville de style colonial de Colombie. En effet c’est joli, tous les bâtiments du centre ville sont blancs et à croire que les habitants jouent vraiment le jeu, la plupart des voitures sont blanches aussi. On commence par monter au mirador du Morro de Tulcan pour observer la ville de haut.

Popayan - Vue sur la ville

Puis on se dirige vers le marché, comme on a une cuisine dans notre hospedaje on va y faire nos courses. C’est un marché brut de dur, aucun touriste. D’ailleurs bien que notre hospedaje soit pleine, on ne voit aucun touriste nulle part dans les rues de la ville. On s’arrête sur la place principale, et ohhhh un lama en toute liberté.

On veut aller à l’Eglise San Francisco mais le tournage en direct d’une émission TV nous en bloque l’accès.

Popayan - Eglise San Francisco

On enchaîne sur la visite de la maison d’un ancien homme d’Etat et président : Guillermo Valencia. Sans grand intérêt pour nous. La maison est vendue comme « belle maison de style colonial » mais les pièces ont été vidées pour laisser place à une expo photo… bof. On continue notre balade dans la ville. On remarque beaucoup de cliniques de chirurgie esthétique et certaines Colombiennes ont vraiment des seins et/ou des fesses qui défient les lois de la gravité.

Alors que partout on passait inaperçu, ici ça nous surprend car les gens nous dévisagent, surtout les enfants : ils nous regardent de leurs grands yeux, attirent l’attention de leurs parents, leurs chuchotent quelque chose à l’oreille, puis nous montrent du doigt, et là c’est parfois toute une famille dont les regards se tournent vers nous. Alors on dit « Hola » et on reçoit de nombreux « Hola » en retour et surtout de grands sourires.

Au programme de cette deuxième journée, les thermes Agua tibia de Coconuco. Ils se trouvent à une trentaine de kilomètres de Popayan, c’est donc tout naturellement que nous mettons 1h30 pour  y aller. C’est un des lieux préférés des gens de la région. Ils y viennent en famille et passent leur journée entre baignade et pique-nique. Une fois de plus nous sommes les seuls touristes. Quand nous arrivons la température a bien chuté et il pleuviote, nous n’en savourons que mieux notre baignade dans l’eau à 35 degrés.

Après 1h30 de trempette, on pique-nique et reprend le chemin du retour. Alors que Solène était en train de faire remarquer à Nicolas que « les Colombiens sont quand même un peu moins sympas que les Equatoriens », comme pour la faire mentir, une voiture s’arrête et nous propose de nous ramener à Popayan. C’est la famille qui pique niquait juste à côté de nous. On embarque donc avec Alejandre, Tatiana et leurs 4 adorables bouts de choux. Le trajet est très agréable, on discute, ils nous parlent de leur pays, des colombiens qui sont de grands fêtards, des spécialités locales, des farcs… On est ravi.

De retour à Popayan, on est un peu fatigué, c’est que ça détend bien les thermes. On se repose, demain réveil 6h, nous allons à San Augustin (où un nouveau record kilomètre / temps de trajet nous attend).

Pour plus de photos, on vous laisse jeter un coup d’œil.


Pratique

Période : du 31 juin au 3 juillet

Comment passer la frontière terrestre Equateur – Colombie ?

Certains bus directs partent de Quito pour rejoindre des grandes villes de Colombie mais ils sont rares (1 par semaine avec Cruz del Sur) et chers. Le parcours classique consiste à rejoindre Tulcán en bus côté Equateur avant de prendre un taxi ou colectivo (un peu plus d’un dolar par personne) en centre ville qui vous mènera à la frontière. Il vous faudra vous rendre au bureau de l’immigration équatorien situé à gauche du pont pour obtenir votre tampon de sortie avant de traverser côté colombien et de faire la queue au bureau de l’immigration pour obtenir votre tampon qui vous permettra de passer 90 jours sur place. Une fois toutes ces formalités effectuées il ne vous restera plus qu’à prendre un dernier taxi jusqu’à Ipiales, la ville frontière, pour 8000 pesos au total. Vous pourrez changer vos derniers dolars (ou pesos si vous venez de Colombie) dans les rues des villes frontières (à priori pas de bureaux officiels).

Visiter le santuario de Las Lajas (Ipiales) : Nous ne pouvons pas vous dire si ça vaut le coup ou non de passer une nuit à Ipiales car nous n’en n’avons vu que le terminal de bus mais d’après les guides il n’y a pas grand chose à y voir. Par contre le détour par le sanctuaire vaut vraiment la peine et se fait facilement. Une fois au terminal déposez vos sacs dans une consigne (officielle ou boutique pour 2000 pesos par sac) et prenez un taxi collectif blanc (2200 par personne) qui vous mènera jusqu’au sanctuaire en une dizaine de minutes. La balade aller-retour dure environ une heure et vous pourrez vous arrêter au retour pour déguster un cuy dans les restaurants situés vers les colectivos. Pour le retour même chose qu’à l’aller, colectivo pour 2200 par personne. Vous n’avez plus qu’à prendre un bus vers votre prochaine destination.

Trajet Ipiales – Popayán : Les départs sont fréquents et peuvent s’effectuer avec plusieurs compagnies. Comparez bien les prix, nous sommes partis avec transipiales pour 30 000 par personne alors qu’une autre compagnie le proposait à 25 000. Et armez vous de patience, le trajet va être un peu long voire très long. On nous avait annoncé 6h30 – 7h et nous l’avons effectué en 8h30 avec pause dîner à 20 kilomètres de l’arrivée. Mais les paysages sont sublimes, on vous conseille de prendre un fauteuil à droite pour observer la vallée.

Où dormir à Popayán ? Sans la moindre hésitation on vous conseille l’hostel Caracol situé Calle 4 à 2 minutes à pied de la place centrale. Les chambres et dortoirs sont répartis autour de deux patios vraiment agréables. Cuisine à disposition et pour une fois elle est grande et propre comme tout l’établissement. Le bar propose un petit déjeuner et de très bonnes pâtisseries. Pas de salle de bain dans la chambre mais elles sont assez nombreuses et propres. 58 000 pesos pour deux en chambre double sans petit déjeuner. Le terminal est un peu loin, prenez un taxi pour 4000 pesos.

Que faire à Popayán ? Vous trouverez quelques musées qui ne semblent pas bien passionnants (on a fait celui sur le président Guillermo Valencia pas terrible) et quelques églises qui sont sûrement très belles mais jamais ouvertes. Mais pas besoin de tout ça, la ville est magnifique et s’y promener est largement suffisant. Vous pourrez aussi profiter d’une belle vue en montant à un des deux miradors. Allez faire un tour au marché un peu à l’écart du centre, vraiment local.

Les thermes de Coconuco : Le village de Coconuco est réputé pour ses thermes en pleine nature. Nous nous sommes rendus aux plus connus, Agua tibia, situés à 4 km au dessus du village. Pour vous y rendre prenez un minibus au terminal de Popayán (départs environ toutes les heures) qui vous mènera jusqu’aux thermes pour 6500 pesos en 1h 1h30 selon la fréquence des arrêts. L’entrée au thermes coûte 15 000 par personne pour profiter des différents bassins, tobogan, bain de boue. Vous pourrez manger sur place pour un prix raisonnable mais vous pouvez entrer avec votre nourriture. Pour le retour à Popayán attendez le bus devant les thermes.

6 commentaires

  1. Les cochons d Inde sont énormes! Il ressemble a du cochon de lait.
    Cela donne envie de faire trempette dans cette eau de belle couleur verte.
    Bisous

    • Solène et Nicolas

      La photo les agrandit car en réalité ce n’est pas bien gros et il faut s’armer de patience pour les manger mais c’est plutôt bon. C’est un repas de fête ou du dimanche en Amérique Latine, beaucoup plus cher que les plats classiques.

  2. Bonjour les cuys découpés en morceaux me sembleraient plus faciles à manger.car la sur la photos effectivement ils paraissent assez gros et on voit bien la forme donc un effet répulsif .j imagine que si l on ne sait pas ce que l on mange cela doit passer au niveau du palais.bon vous avez manger du cuys .bonne continuation

    • Solène et Nicolas

      C’est très bon même quand on voit bien la forme! Mais un peu compliqué à manger, il n’y a pas grand chose. Vu le prix nous n’en mangerons plus, nous nous contenterons de notre poulet frites bananes

  3. Hello,
    Effectivement vous y voilà un mois avant nous !! Nous n arriverons à Medellin que début août en plein festival des fleurs.
    En tout cas chouette premier article, ça donne envie !

    • Solène et Nicolas

      Salut à tous les deux! Nos premiers pas en Colombie sont très agréables. On retrouve un climat plus chaud après plus de trois mois au milieu des hauts sommets. Mais j’ai une mauvaise nouvelle pour vous…le poulet, la banane et les grains de riz qui apparaissent sur les photos de vos articles sont encore bien présents en Colombie 😉

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